Située au nord de la province, dans le district de Gia Vien, la pagode de Dich Long (Chùa Địch Lộng) demeure l’un de ces trésors discrets qui échappent encore aux circuits pressés. Accroché aux parois d’un piton calcaire dominant les rizières et les hameaux ruraux, cet ensemble combine harmonieusement spiritualité bouddhiste et géologie spectaculaire. C’est une halte remarquable pour tout voyageur curieux d’arpenter un lieu de culte authentique, empreint de silence et de fraîcheur.
Une découverte fortuite et une distinction impériale
L’histoire de Dich Long débute dans la première moitié du XVIIIe siècle. Selon les chroniques locales, un bûcheron gravissant les contreforts de la colline tomba par hasard sur l’entrée d’une cavité naturelle en 1739. Émerveillé par la beauté des lieux et par des concrétions calcaires évoquant des silhouettes divines, il y installa un premier autel de fortune. L’année suivante, en 1740, une véritable communauté monastique prit racine au pied de la montagne.
La renommée de la grotte grandit au fil des décennies. En 1821, l’empereur Minh Mang visita le sanctuaire lors d’une inspection dans le nord du pays. Frappé par la majesté du relief et l’acoustique singulière de la caverne, le souverain lui accorda le titre de « troisième plus belle grotte du ciel du Sud » (Nam Thien De Tam Dong), plaçant Dich Long parmi les sanctuaires troglodytes les plus prestigieux du Vietnam d’alors.
L’écho de la flûte céleste
Le toponyme « Dich Long » porte une dimension poétique directement liée à la morphologie du site. En sino-vietnamien, le terme évoque le chant ou le jeu d’une flûte. Lorsque les courants d’air s’engouffrent à travers les failles supérieures de la roche et caressent les stalagmites coniques, la montagne semble produire une mélopée vibrante et feutrée, semblable à une mélodie instrumentale.
Pour accéder aux cavités supérieures depuis la pagode basse (Chùa Hạ), il convient de gravir un bel escalier en pierre d’un peu plus d’une centaine de marches, ombragé par des frangipaniers et une végétation tropicale dense. Le parcours souterrain se divise en plusieurs sections aux ambiances contrastées :
- La grotte des Bouddhas : un espace recueilli où trônent d’anciennes statues dorées, entourées d’offrandes locales et de volutes d’encens.
- La grotte sombre (Hang Toi) : un dédale plus mystérieux abritant d’imposantes concrétions sculptées par les millénaires. Certaines formes rappellent des figures mythologiques chères au folklore vietnamien, faisant écho aux symboles protecteurs que l’on retrouve dans les quatre animaux sacrés qui font partie des légendes vietnamiennes.
- La grotte de lumière (Hang Sang) : une vaste nef karstique percée d’ouvertures zénithales laissant filtrer des puits de clarté naturelle et favorisant une circulation d’air très agréable durant les chaleurs de l’après-midi.
Conseils pratiques pour votre visite
Le site se trouve à proximité immédiate de la route nationale 1A, à une quinzaine de kilomètres au nord de la ville de Ninh Binh. Dich Long s’intègre facilement dans une journée d’excursion à deux-roues ou en voiture privée, notamment en combinant votre venue avec la découverte d’autres paysages préservés de la région.
Nous vous recommandons tout particulièrement de coupler cet arrêt avec l’observation des falaises et des lagunes de la réserve naturelle submergée Van Long, située à seulement quelques kilomètres au sud-ouest. C’est l’occasion idéale d’explorer un pan plus paisible du territoire, loin de l’effervescence des grands embarcadères, et d’approfondir votre itinéraire pour véritablement découvrir Ninh Binh sous ses aspects les plus sereins.
Comme pour tout sanctuaire religieux en activité, veillez à adopter une tenue respectueuse couvrant les épaules et les genoux. Pensez également à porter des chaussures avec une bonne adhérence, car l’humidité ambiante rend parfois les marches en calcaire glissantes à l’intérieur des grottes.




