Traditions et vie locale : comprendre la culture de Ninh Binh

Pour apprécier pleinement un séjour dans la province, il est précieux de regarder au-delà des pains de sucre calcaires et de s’intéresser aux femmes et aux hommes qui façonnent ces paysages. La culture de Ninh Binh est intimement liée à la terre, à l’eau et à des croyances séculaires que l’on observe encore au détour de chaque ruelle.

Le cycle du riz, métronome de la vie quotidienne

Dans cette région de plaines alluviales et de cuvettes inondables, le riz n’est pas seulement la base de l’alimentation : il rythme l’année entière des habitants. Comprendre le rôle du riz au Vietnam permet de saisir pourquoi l’expression courante pour annoncer un repas, an com, signifie littéralement « manger du riz ».

Le travail en rizière demeure largement traditionnel. Selon la période de votre visite, vous observerez différentes phases :

  • Le labour et la mise en eau : les parcelles sont retournées et noyées pour accueillir les semis.
  • Le repiquage : un travail d’équipe exigeant où les jeunes pousses sont alignées une à une dans la boue.
  • L’entretien : la régulation minutieuse des niveaux d’eau grâce aux canaux et diguettes.
  • La récolte : souvent réalisée à la main avec une faucille, suivie du séchage des grains dorés étalés sur les cours de ferme et les routes de campagne.

Pour admirer les parcelles vêtues de leur teinte jaune dorée, les voyageurs consultent souvent les prévisions sur le climat et les saisons à Ninh Binh, les périodes de récolte se situant généralement autour de fin mai ou début juin pour la première moisson, et en automne pour la seconde.

L’artisanat d’art et les villages de métiers

La région perpétue un réseau vivant d’ateliers familiaux. Découvrir les villages artisanaux de Ninh Binh offre une belle occasion d’échanger avec les artisans locaux à leur propre rythme.

À quelques pas de la rivière Ngo Dong, le village de Van Lam, point de départ de la balade en barque à Tam Coc, est célèbre pour son art délicat de la broderie et de la dentelle. Introduit selon la mémoire locale sous la dynastie des Tran au XIIIe siècle, ce savoir-faire se transmet de mère en fille au sein de centaines de foyers. Plus au sud, les tailleurs de pierre de Ninh Van sculptent le calcaire et le granit avec une précision remarquable pour concevoir stèles, dragons protecteurs et éléments architecturaux pour les pagodes du pays.

Spiritualité et chant Châu Van

L’âme de Ninh Binh s’exprime également à travers ses croyances populaires, notamment le culte des Déesses-Mères (Đạo Mẫu). Au cœur de ces rituels, le chant Châu Văn mêle percussions rythmées, luth à deux cordes et chants cérémoniels pour accompagner des transes rituelles au cours desquelles les officiants incarnent des divinités tutélaires. Cette pratique musicale et spirituelle fascinante figure d’ailleurs sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

Prendre le temps d’observer ces gestes, d’écouter les rumeurs d’un atelier ou de saluer les cultivateurs le long des digues transforme une simple visite en une rencontre sincère avec la mémoire vivante de la région.