Pour les voyageurs qui aiment sortir des sentiers battus et explorer l’histoire vietnamienne en profondeur, la province voisine de Thanh Hoa abrite l’un des trésors architecturaux les plus singuliers d’Asie du Sud-Est : la Citadelle de la dynastie Ho (Thành nhà Hồ). Située à environ 65 kilomètres au sud-ouest de Tam Coc, cette forteresse médiévale offre un contraste saisissant avec les pitons karstiques de la région.
Une prouesse architecturale en blocs de pierre
Construite à la fin du XIVe siècle, en 1397, sous l’impulsion de Ho Quy Ly, la forteresse avait pour vocation de devenir la nouvelle capitale du pays (nommée Tay Do, la « Capitale de l’Ouest »). Contrairement à la majorité des citadelles royales vietnamiennes traditionnellement édifiées en terre ou en brique, celle-ci fut entièrement bâtie à partir d’immenses blocs de calcaire taillés avec une précision remarquable.
Certains de ces monolithes pèsent plus de dix tonnes et ont été assemblés sans aucun mortier, s’emboîtant par la simple force de la gravité et un équilibre rigoureux inspiré des préceptes géomantiques traditionnels (le feng shui). La légende et les annales rapportent que ce chantier monumental n’aurait duré que trois mois, un exploit logistique extraordinaire pour l’époque. La dynastie Ho fut de courte durée, balayée dès 1407 par les troupes de la dynastie chinoise des Ming, mais les murs extérieurs ont bravé les siècles.
Que peut-on voir sur place aujourd’hui ?
Inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2011, la citadelle surprend par son calme absolu. Loin de l’animation de sites emblématiques comme la zone d’écotourisme de Trang An, le lieu est resté remarquablement rural :
- Les quatre portes cardinales : la porte Sud (Tien) est la plus impressionnante avec ses trois arches en plein cintre encore parfaitement intactes. Les portes Nord, Est et Ouest présentent des voûtes uniques tout aussi imposantes.
- Les remparts de pierre : sur un carré de près de 900 mètres de côté, la muraille extérieure est encore bien visible et entourée par d’anciens fossés en partie comblés.
- Les vestiges intérieurs : la plupart des palais en bois ont disparu lors des guerres, laissant place à de paisibles rizières où travaillent les paysans locaux. On y découvre toutefois des statues de dragons en pierre sculptée sans tête (décapités par les envahisseurs Ming) et des vestiges de la voie impériale dallée.
- La salle d’exposition : un petit musée situé près de l’entrée présente des maquettes, des pointes de flèches, des céramiques et les fameux boulets de canon en pierre découverts lors des fouilles archéologiques.
Conseils pratiques pour organiser son excursion
Si vous cherchez d’autres idées parmi les choses à faire à Ninh Binh, cette visite se prête idéalement à une escapade d’une demi-journée ou d’une journée complète :
- Transport : comptez environ 1 h 30 de route depuis Tam Coc ou Ninh Binh ville. Le trajet se fait facilement en louant un scooter si vous avez l’habitude de conduire, ou en réservant les services d’un chauffeur privé pour la journée.
- Combinaison d’itinéraire : vous pouvez intégrer cette étape dans un itinéraire de voyage plus vaste rejoignant le parc national de Cuc Phuong ou en descendant vers le centre du Vietnam.
- Sur place : prévoyez un chapeau et de l’eau, car le site est vaste, à ciel ouvert et offre peu d’ombre en milieu de journée. L’accès est modique et le site reste très peu fréquenté en semaine.




